Une sieste pour commencer

vendredi 1er novembre 2013
par  Finizi
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L’hydrogène (H2) est un sujet qui m’interpelle tout particulièrement depuis plusieurs années.
Tout est parti d’un rêve pendant une sieste, un dimanche après-midi de juin 1999, allongé sur une pelouse.
Et comme tous les rêves, c’est souvent complètement délirant...


 Le rêve

A l’ombre des branchages, allongé dans l’herbe, plongeant petit à petit dans les bras de Morphée, je me souviens de voir les câbles aériens électriques et téléphoniques tendus au bord du jardin.

Je m’endors, et voilà que par la magie du rêve, je vois les électrons circuler dans les câbles aériens que l’instant d’avant, en m’endormant, je trouvait laids et disgracieux dans le paysage plutôt verdoyant.

Je vois donc les électrons circulant dans les fils téléphoniques. Ils sont guillerets et joyeux. Ils transmettent des informations dans tous les sens. Ils font de beaux voyages.
Je vois aussi ceux des fils électriques. Ils sont lourds et peinent à la tâche. Ils transportent lourdement de la puissance, toujours et toujours dans la même direction. Bref, ils sont asservis.

Et je constate que les électrons « électriques » regardent avec envie leurs cousins « téléphoniques ». Ils m’interpellent et me disent qu’ils aimeraient être comme eux. Non pas qu’ils souhaiteraient devenir « téléphoniques », quoique, mais ils apprécieraient de pouvoir circuler dans tous les sens, en transportant leur puissance dans tous les azimuts, en voyageant, en partageant ou en participant activement à un partage.

Et de m’expliquer alors comment cela serait possible : De la même façon que l’information circulait toujours à sens unique auparavant, avec les journaux notamment, l’avènement d’internet a permis à chaque point de terminaison de pouvoir être aussi source d’information. Les électrons « électriques » aimeraient donc que chaque point de terminaison, ne soient pas que des consommateurs, mais aussi des fournisseurs, et ces électrons de me montrer des panneaux solaires et des machines à vent sur chaque maison, et une bonbonne, capable de stocker l’électricité en abondance…


 Les questions

Fin du rêve et réveil. Mais le ressenti du rêve est toujours présent dans ma tête, et me titille l’esprit. Vient alors le début des questions.

Mais pourquoi cette bonbonne ?

Je me concentre et essaie de revoir les images de mon rêve. Et je vois un "H" gravé sur la bonbonne. Je comprend alors que c’est de l’hydrogène.
Nous sommes en 1999, et pour moi, le seul moyen de stocker de l’hydrogène à l’époque, c’est avec un équipement lourd, dans une bouteille à très haute pression. Cela me semble alors dénué d’intérêt et je n’y pense plus.
Néanmoins, cette vision va me rester en mémoire et c’est un jour de 2008, en découvrant l’activité de la société McPhy que le souvenir de mon rêve refait surface.

Et pourquoi le partage semblait important ?

Effectivement, et étrangement, dans mon rêve, les électrons « téléphoniques » semblaient plutôt heureux de participer à un certain partage de l’information. Et les électrons « électriques » me montraient qu’eux aussi pourraient participer à un certain partage.
C’est peu de temps après avoir découvert McPhy que j’entends par hasard parler d’Al Gore et de son electranet. Cette fugace idée de partage, qui semblait néanmoins importante dans mon rêve, me reviens alors en pleine figure. C’est alors que j’ai compris que mon rêve n’était qu’une allégorie de ce qui va arriver, et que l’électricité 2.0 est pour bientôt.


 La vision

Ce rêve n’a pas fini de m’interpeller, et petit à petit une idée bien plus précise se dessine.

Le modèle actuel
Cette idée est que le modèle actuel de génération et de distribution de l’énergie va être profondément chamboulé. Actuellement, il est complètement centralisé, avec en France un pétrolier, Total, qui maîtrise pratiquement tout l’approvisionnement en carburants, et un électricien, EDF, qui a un quasi monopole de fait sur la production d’électricité.

La vision
Imaginez que chaque bâtiment, en captant le rayonnement solaire qui lui tombe dessus chaque jour, ainsi que le vent qui le frappe régulièrement, soit capable de transformer cela en énergie, et de stocker cette énergie. On aura alors a notre disposition bien plus d’énergie que celle que nous consommons aujourd’hui tous les jours. Avoir la possibilité de stocker cette énergie rend possible son utilisation de manière différée, ainsi que son transport sans trop de perte. Que restera-t-il alors au système actuel hyper centralisé ?

Le renversement du modèle
Le résultat est alors une liberté incroyable de mouvement et de confort, notamment au niveau des personnes. C’est ici que la notion de partage intervient et que le système s’inverse totalement. L’industrie, productrice d’énergie à destination des individus, devient alors consommatrice de l’énergie produite par les particuliers, et que les particuliers consommant plus d’énergie qu’ils n’en produise, consomment celle produite en surplus par d’autres individus, proches ou éloignés, énergie transportée sous forme électrique grâce au réseau existant, ou sous forme matérielle, l’hydrogène, sur des grandes distances grâce à des véhicules.


 Le défi technologique

La bonne nouvelle, c’est que cela est actuellement techniquement possible.

La mauvaise nouvelle, c’est que cela n’est pas pas encore économiquement rentable. En effet, pour que cette vision se développe, il faut pouvoir réaliser économiquement les étapes suivantes :

  1. Capter les énergies naturelles
  2. Stocker l’énergie
  3. Utiliser l’énergie stockée

Et apparemment, l’hydrogène semble le candidat idéal pour réaliser cela. En effet, il est possible de produire de l’hydrogène à partir de l’eau et l’eau trouve en quantité assez abondante sur Terre. De plus, en consommant l’hydrogène, on ne produit que de l’eau.
Mais voilà, son utilisation ne semble pas des plus simple.


 Quelques liens intéressants


Suite : Capter les énergies naturelles